Le Pylône… comme si vous y étiez :
Le jour se lève à Mimizan vers 7 h.00. A cette heure, tout est calme. Les portails de la propriété sont fermés pour la sécurité. Les éclairages automatiques s’éteignent les uns après les autres. Aucun mouvement, aucun bruit. On entend juste la mer, au loin, et les oiseaux dans les arbres qui se réveillent. Il fait un peu frais à cette heure; c’est l’automne qui arrive.
C’est Jean-Pierre qui arrive le premier dès 7 h.00 pour arroser les pelouses et les fleurs au petit matin quand personne ne circule. Jean-Pierre, c’est notre homme d’entretien. Celui qui fait en sorte que tout marche tous les jours. Que pas une ampoule ne manque et que l’eau soit chaude aux douches. Que les haies soient taillées et les pelouses tondues.
A 7 h.15, quelques bruits commencent à animer le Pylône :
Ghislaine ou Nadine, nos « premières » de cuisine mettent leur matériel en route : les fours, d’abord, pour faire le pain grillé, puis le lait, le chocolat, café, etc. Elles sont suivies par les aide-animatrices qui commencent à préparer les tables du petit-déjeuner. Le bruit de la machine à couper le pain et les odeurs du petit-déjeuner éveillent certains.
Une première livraison arrive devant la cuisine : le boulanger qui nous livre le pain tout chaud.
Vers 8 h.00, tout est en place et déjà les premiers enfants se lèvent : ce sont les surfeurs. Ils déjeunent à 8 h.15 pour être à l’heure aux bonnes vagues et aux premières leçons. Les premiers rayons de soleil arrivent et réchauffent l’air de fin Août.
On entend les volets qui s’ouvrent un peu partout. Le silence est maintenant rompu de tous les bruits du réveil. Les uns après les autres, tout le monde se lève et les salles à manger se remplissent. Dans tous les groupes se préparent et s’organisent les journées en fonction du temps.
Les femmes de ménage entrent dans la danse et passent partout pour qu’à midi tout soit propre.
A partir de 9 h.00, c’est l’effervescence : chacun se prépare, s’occupe de ses affaires ; l’infirmerie est ouverte pour la première séance de petits soins pour ceux qui en auraient besoin. La lingerie reçoit les paniers à laver et rend le linge propre. Le Pylône est en pleine activité.
Puis vers 10 h.00, chacun s’en va vers les activités qu’il a choisies. La plupart du temps, le matin c’est l’heure du départ à la plage pour y être tôt, avant l’afflux des touristes, quand l’espace est libre pour nos jeux et le soleil pas trop fort.
Alors, le Pylône se vide et seuls s’activent de tous côtés les personnels techniques : à la cuisine, d’abord, où 3 personnes officient, aux ménages divers, au linge dont on entend les machines qui tournent et notre homme d’entretien qui passe avec ses outils d’un côté à l’autre : tout doit être en ordre pour midi. Et les camions de livraison pour nourrir toutes ces bouches.
En fin de matinée, lorsque le soleil est haut, les enfants reviennent de la plage et envahissent le Pylône. Moment où chacun peut se consacrer un peu à ses petites affaires, à l’ombre, en attendant le repas.
Le déjeuner, comme le dîner, se termine souvent par quelques chants. Moment calme d’intense vie commune où l’on chante ensemble les chansons de notre répertoire. Souvent en canon ou à 2 voix.
Le début d’après-midi, où dans les pays chaud, il fait bon de rester au calme, c’est le moment de la sieste où chacun se repose, à l’ombre accompagné du chant des cigales. C’est aussi le temps des activités intellectuelles ou artistiques. Ce temps calme verra des enfants un peu partout dans le Pylône : quelques-uns à l’atelier terre et céramique, d’autres au club d’échecs, d’autres à des activités calmes ou lisent, écrivent ou discutent doucement pour ne pas gêner tous ceux qui se reposent. Certains (beaucoup) dorment un peu. Dans la chaleur de l’après-midi, c’est un de ces moments si caractéristiques au Pylône où, en contrepoint des grands élans avec rires, cris et mouvements, c’est le calme qui s’impose avec quelques mouvements furtifs et des chuchotements… jusqu’au goûter où tous se réveillent.
Chacun rejoint alors les activités qu’il a choisies. De temps en temps se lancent quelques-uns de ces grands jeux qui voient un groupe entier s’organiser pour que chaque équipe élabore la stratégie qui va le faire gagner avant de s’élancer dans de folles courses en forêt à la recherche de quelque trésor ou fée à délivrer…
A nouveau le Pylône se vide et dans le calme retrouvé seules restent les cuisinières qui préparent activement le dîner.
En fin d’après-midi tout le monde revient à la maison pour le dîner.
Quelques chansons puis les veillées se mettent en place. Certaines calmes, de jeux de société ou de petits jeux ou de contes ou autres. D’autres plus toniques, comme ces veillées de danses où les participants se lancent dans les rythmes des country-danses irlandaises ou U.S. et on les voit sautiller, tourner, faire la chaîne anglaise les uns avec les autres sur des musiques entraînantes. Les plus petits ont leur danses : rondes et jeux dansés : la belette, l’escargot, la fille du coupeur de paille, etc.
Puis, déjà, vers 21h.00, quand la nuit tombe, les plus petits vont rejoindre leurs chambres et ce coin devient calme. Les autres suivent au fur et à mesure que les veillées se terminent, que les musiques cessent et les lumières s’éteignent. A 22 h.00, 22 h.30, la fraîcheur revient.
La nuit est maintenant tombée. Le calme s’est installé. A nouveau, quelques silhouettes circulent en silence. Les animateurs restent encore avec les enfants jusqu’à ce qu’ils s’endorment. La vaisselle se termine, la cuisine s’éteint. Le Pylône se ferme.
Ne resteront bientôt que les animateurs qui se réuniront pour évoquer la journée passée et préparer celle du lendemain. Entre eux et pour un moment sans enfant, ils prennent une dernière collation avant d’aller, eux aussi se coucher.
Martine fait un dernier tour partout, ferme les portails. Seule l’infirmerie reste en veille.
On n’entend plus que le bruit des vagues et les grillons.
Chut, c’est la nuit.